Pancrace

Le pancrace (en grec : παγκράτιον / pankrátion) est un sport de combat grec, permettant au temps des Jeux Olympiques antiques quasiment tous les coups, y compris mortels. Seules étaient interdites les techniques d'arrachage des yeux et de morsure. De grands champions olympiques de cette époque ont marqué l'histoire, comme Polydamas de Skotoussa, qui fut champion olympique en -408, ou encore Milon de Crotone. Aujourd'hui, ce sport est une discipline dont le règlement a été revu et corrigé par le gouvernement grec afin de le voir revenir prochainement dans les Jeux Olympiques.

Le pancrace aux Jeux olympiques antiques

Le pancrace fait partie des épreuves qualifiées de « gymniques » (γυμνικοὶ ἀγῶνες [gumnikoì agỗnes]) c'est-à-dire, au sens propre, « nues », parce que les athlètes y concourent complètement nus, telles que le pentathlon et les courses. Il fait partie plus précisément des épreuves dites « lourdes » (βαρέα ἆθλα [baréa ãthla], pour lesquelles est nécessaire une aire spéciale (σκάμμα [skámma]), dont la terre a été ameublie, telles que la lutte (πάλη [pálê]) et le pugilat (πύξ [púx] ou πυγμαχία [pugmakhía]). La dernière épreuve est le pancrace (παγκράτιον [pankrátion]), un sport très brutal qui recherche également la mise hors de combat de l'adversaire, sans autre interdiction que de mettre les doigts dans les yeux de l'adversaire.

Le salut au pancrace

Différemment des arts martiaux asiatiques, cet art martial conserve certaines traditions dans la pratique. En effet, dans la mentalité grecque, « les Grecs ne se prosternent pas mais saluent seulement » (Οι Έλληνες δεν προσκυνούν μόνον χαιρετούν en grec). Au pankration, cette caractéristique persiste. Lors du salut, le pangratiaste reste debout et tend le bras droit vers le côté droit de la tempe à l'adresse du professeur, le proponitis, en déclarant : Erroso ô Proponita "salut à toi, entraîneur" . Le salut se fait envers une personne et vers les autres, en parlant en grec ancien. L'enseignant salue ses élèves : Érrosthe (Έρρωσθε en grec ancien). Cette réciprocité dans les rapports sociaux entre entraîneur et élève marque une différence fondamentale avec les autres sports de combat et arts martiaux, où le lien de subordination est la règle de la relation dans le club.

Pancrace contemporain

Ce style de combat est très complet puisqu'il permet des échanges aussi bien debout (boxe) qu'au sol (lutte). Un combat peut donc se dérouler entièrement debout ou se transformer en lutte au sol dès les premières secondes selon la technique des combattants. L'arbitrage de la discipline permet sur le plan tactique de ne privilégier aucun style en particulier, seul l'athlète dominant l'ensemble des techniques (frappes pieds-poings, prises douloureuses, projections, combat au sol, techniques de soumission, maîtrise de l'espace et de la zone de combat) pouvant l'emporter à compétences physiques égales entre deux pangratiastes.

Équipement requis

Gants libres bleus ou blancs à doigts ouverts de type free fight, protège-dents (facultatif), coquille (facultatif), protège-tibias+pieds ainsi que l'endyma (tenue officielle du WPAC, World Pangration Athlima Commitee, composée du chitonion [veste] et du periskelis [pantalon]). Les arbitres (hellanodices) sont habillés en endyma rouge, les entraîneurs (proponites) sont vêtus d'un endyma bleu.

Aire de combat

Un tapis de lutte recouvert d'une bâche bleue comportant un cercle extérieur blanc, d'un diamètre de dix mètres, dit « la zone », ainsi qu'un cercle central d'un mètre de diamètre forment la palestre moderne du pancrace. En pratique, une salle équipée de tapis et d'une bâche de lutte suffit à pratiquer le pancrace dans de bonnes conditions.

Techniques

Concernant le combat en lui-même, toutes les techniques de pieds, poings, genoux et coudes sont autorisées. La frappe au visage est autorisée et maîtrisée selon les catégories. Toutes les techniques de projections sont autorisées mais sans écraser volontairement l'adversaire dans le but de lui faire mal. Le combat arbitré par l'hellanodikis central et trois hellanodikes périphériques permet en outre de s'assurer, dans le respect des règles, de l'intégrité des combattants. Au sol, les frappes sont autorisées. Toutes les techniques de soumission sont autorisées (clés de bras [épaule, coude, poignet], jambes [genou, cheville], hanches) mais toujours dans l'axe des articulations sauf sur les membres supérieurs où les torsions sont autorisées. Les clés par compression musculaires sont également autorisées. Les étranglements sont aussi autorisés. La durée d'un combat de pancrace sportif (pankration) est de 4 minutes pour les adultes, et de 2 minutes pour les enfants.

Les épreuves de pancrace

Le terme « pancrace » englobe aussi bien les disciplines sportives que martiales. Dans le pancrace sportif (pangration athlima), il existe l'épreuve de pangration, qui est le combat un contre un sans arme. C'est ce style qui est le plus largement pratiqué en compétition. Il existe également les palesmata, qui sont des combats chorégraphiés opposant deux partenaires à mains nues dans un style self-défense, laissant parfois place à des démonstrations martiales de haut niveau technique et visuel. Enfin, l'épreuve du polydamas (en hommage au combat et à la victoire de Polydamas de Skotoussa contre les trois immortels perses) oppose un combattant à mains nues contre trois attaquants armés respectivement d'une lance, d'une épée, et d'une dague. Ce combat est également chorégraphié et permet de démontrer la supériorité technique d'un pangratiaste face à trois attaquants armés.

Enfin, il existe aussi une version plus martiale du pancrace, qui à l'origine était extrêmement violent, et qui, adaptée au contexte actuel, est une base complète pour la self-défense.